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Thérèse Raquin Zola, l'excipit, dénouement du roman naturaliste

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Thérèse Raquin, Zola, l'excipit, questionnaire EAF

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Questionnaire 79 questions réponses

 

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Zola, Thérèse Raquin, Les dernières pages du livre

 

Support: «Avant de coucher Mme Raquin....les écrasant de regards lourds. «

 

 

 

Lecture analytique

 

Lecture du texte

Avant de coucher madame Raquin, ils avaient l’habitude de mettre en ordre la salle à manger, de préparer un verre d’eau sucrée pour la nuit, d’aller et de venir ainsi autour de la paralytique, jusqu’à ce que tout fût prêt.
Lorsqu’ils furent remontés, ce soir-là, ils s’assirent un instant, les yeux vagues, les lèvres pâles. Au bout d’un silence : - Eh bien ! Nous ne nous couchons pas ? demanda Laurent qui semblait sortir en sursaut d’un rêve. - Si, si, nous nous couchons, répondit Thérèse en frissonnant, comme si elle avait eu grand froid. Elle se leva et prit la carafe. - Laisse, s’écria son mari d’une voix qu’il s’efforçait de rendre naturelle, je préparerai le verre d’eau sucrée... Occupe-toi de ta tante. Il enleva la carafe des mains de sa femme et remplit un verre d’eau. Puis, se tournant à demi, il y vida le petit flacon de grès, en y mettant un morceau de sucre. Pendant ce temps, Thérèse s’était accroupie devant le buffet ; elle avait pris le couteau de cuisine et cherchait à le glisser dans une des grandes poches qui pendaient à sa ceinture. À ce moment, cette sensation étrange qui prévient de l’approche d’un danger fit tourner la tête aux époux, d’un mouvement instinctif. Ils se regardèrent. Thérèse vit le flacon dans les mains de Laurent, et Laurent aperçut l’éclair blanc du couteau qui luisait entre les plis de la jupe de Thérèse. Ils s’examinèrent ainsi pendant quelques secondes, muets et froids, le mari près de la table, la femme pliée devant le buffet. Ils comprenaient. Chacun d’eux resta glacé en retrouvant sa propre pensée chez son complice. En lisant mutuellement leur secret dessein sur leur visage bouleversé, ils se firent pitié et horreur. Madame Raquin, sentant que le dénouement était proche, les regardait avec des yeux fixes et aigus. Et brusquement Thérèse et Laurent éclatèrent en sanglots. Une crise suprême les brisa, les jeta dans les bras l’un de l’autre, faibles comme des enfants. Il leur sembla que quelque chose de doux et d’attendri s’éveillait dans leur poitrine. Ils pleurèrent, sans parler, songeant à la vie de boue qu’ils avaient menée et qu’ils mèneraient encore, s’ils étaient assez lâches pour vivre. Alors, au souvenir du passé, ils se sentirent tellement las et écœurés d’eux-mêmes, qu’ils éprouvèrent un besoin immense de repos, de néant. Ils échangèrent un dernier regard, un regard de remerciement, en face du couteau et du verre de poison. Thérèse prit le verre, le vida à moitié et le tendit à Laurent qui l’acheva d’un trait. Ce fut un éclair. Ils tombèrent l’un sur l’autre, foudroyés, trouvant enfin une consolation dans la mort. La bouche de la jeune femme alla heurter, sur le cou de son mari, la cicatrice qu’avaient laissée les dents de Camille. Les cadavres restèrent toute la nuit sur le carreau de la salle à manger, tordus, vautrés, éclairés de lueurs jaunâtres par les clartés de la lampe que l’abat-jour jetait sur eux. Et, pendant près de douze heures, jusqu’au lendemain vers midi, madame Raquin, froide et muette, les contempla à ses pieds, ne pouvant se rassasier les yeux, les écrasant de regards lourds.

commentaire :
Émile Zola, écrivain français né le 2 avril 1840 à Paris, et considéré comme le chef de fil du naturalisme a joué un grand rôle dans la révision du procès d'Alfred Dreyfus. Fils d'un ingénieur italien naturalisé et d'une mère originaire de Bourgogne. La famille s'installe à Aix-en-Provence et connaît, à la mort du père, de graves difficultés financières, Émile Zola échoue à deux reprise au baccalauréat. Ne voulant plus être à la charge de sa mère, il abandonne ses études et cherche du travail. Il entre alors à la librairie Hachette comme commis. Vite remarqué, il écrit son premier ouvrage et collabore aux rubriques littéraires de plusieurs journaux. Décidé à vivre de sa plume, il quitte la librairie Hachette. Un an plus tard, soit en 1868, son premier succès vint avec Thérèse Raquin, qui annonce, sans en faire partie, le cycle des Rougon-Macquart, tant par les sujets abordés (l’hérédité, la folie) que par les critiques qu’il suscite. Nous allons donc étudier l’excipit de ce roman qui nous livre le dénouement de l’histoire et raconte comment après avoir enduré une existence faite de regrets et de remords depuis le meurtre de Camille, le couple Thérèse et Laurent décide de mettre fin à cette horrible souffrance en se donnant simultanément la mort afin de parvenir à trouver la plénitude, la sérénité et le bonheur tant convoités avant leur crime.

Problématique

Nous nous demanderons alors en quoi ce dénouement satisfait aussi bien les personnages que le lecteur

 

Annonce du plan

Pour y répondre, nous verrons comment la symbiose du couple ne s’est réveillée qu’au moment de l’acte fatidique, suite à quoi nous nous intéresserons au point de vue interne qui nous révélera  les sentiments de Mme Raquin.

Une symbiose enfin retrouvée.

-Dès le début du passage, l’auteur semble nous préparer à une action commune des deux personnages avec les pronoms du pluriel « ils avaient l’habitude », « ils s’assirent », « nous ne nous couchons pas ». -Se dégage ainsi de ce seul passage une impression de communion de deux personnes vivant ensemble depuis longtemps et se complaisant chacun dans cette vie auprès de l’autre. -Mais un lecteur plus averti se fierait davantage aux impressions de l’auteur qui signale au passage que Laurent « semblait sortir en sursaut d’un rêve » et que Thérèse frissonne « comme si elle avait eu grand-froid » ce qui écarte l’idée d’une scène de ménage ordinaire. -Par ailleurs, le choix d’un rythme de scène montre que l’auteur veut amener le lecteur à visualiser le moindre détail dans le comportement et dans les propos des deux personnages. -Il évoque ainsi tous les gestes de l’un « enleva la carafe », « remplit », « vida » et de l’autre « s’était accroupie », « avait pris », « cherchait ». -C’est une scène palpitante que vit le lecteur et l’on serait tenté d’espérer qu’un événement vienne interrompre cette scène. -Mais rien ne semble perturber le déroulement que l’auteur a choisi pour ce dénouement car même lorsque chacun d’eux comprend ce que l’autre lui prépare et contrairement à ce à quoi l’on s’attend, les deux personnages, qui dans un premier temps s’arrêtent pour s’examiner comme pour s’assurer qu’ils pensent au même acte, sont conscients que l’heure fatidique est là « muets et froids », « lisant mutuellement leur secret dessein ». -Et jusqu’au dernier moment, Zola veut montrer qu’il existe des individus qui ne trouvent leur bonheur que dans des actes démoniaques, poussant ce cette manière jusqu’au bout le pessimisme réaliste et illustrant avec un grand génie le déclin du personnage « Ils échangèrent un dernier regard, un regard de remerciement, en face du couteau et du verre de poison ». -Ainsi, nos deux personnages préfèrent accueillir la mort avec sérénité plutôt que de continuer « une vie de boue »

Les sentiments de Mme Raquin.

-Il est aussi intéressant de se pencher sur la réaction du troisième personnage qui assiste silencieusement depuis sa paralysie aux tiraillements du couple et qui souffre atrocement en silence depuis qu’elle a compris qu’elle vivait sous le même toit que les assassins de son fils, sous les sacres d’un mariage qu’elle a elle-même cautionné. -Et cette dernière scène représente pour elle le procès que ces criminels n’ont pas eu devant la société. -C’est pour elle l’accomplissement du châtiment suprême que méritent ceux qu’elle a accueillis, qu’elle a chéris et qui se sont révélés ses pires ennemis. -Tous ses sentiments, l’auteur nous les fait découvrir grâce à un point de vue interne. -C’est en spectateur très intéressé qu’elle assiste à une représentation théâtrale à laquelle s’adonne le couple en suivant leurs moindres gestes, leurs moindres regards et devinant même leurs pensées les plus profondes et « sentant que le dénouement était proche », ne veut passer à côté d’aucun détail de la scène. -Et lorsqu’ils se donnent la mort, la paralysie devient alors sa grande alliée en lui offrant l’opportunité d’admirer l’œuvre du destin en se délectant savoureusement des sensations d’une vengeance justement accompli, bien mieux d’ailleurs qu’elle n’en aurait eu l’occasion si elle était valide, et cela douze heures durant. -En poussant ainsi les limites du point de vue interne, Zola excelle dans le souci du détail et met à nu les sentiments humains les plus enfouis mais au combien réalistes

En offrant à son roman un dénouement aussi tragique, l’auteur ferme la boucle d’une spirale dans laquelle Thérèse et Laurent, dès leurs premières étreintes sont inconsciemment emportés, d’une vie monotone, à l’adultère, au crime, à la haine mutuelle grandissante, aux hallucinations, aux terreurs ; jusqu’à l’apaisement dans la mort comme une présence incontrôlée depuis le départ. C’est l’image d’un réalisme qui ne se contente pas de regarder la surface, mais va dans les abîmes de ses forces secrètes dans un monde qu’on croit pourtant familier

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