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La scène de M. Dimanche, Dom Juan Molière, lecture analytique

Molière, Dom Juan

 

 

 

 

Molière, Dom Juan, IV, 3, questionnaire EAF, la scène de M. Dimanche

Molière, Dom Juan

Questionnaire 70 questions et réponses

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 Molière, Dom Juan, la scène de M. Dimanche, lecture analytique

 

 

 

Dom Juan, M. Dimanche, Sganarelle
Dom Juan, faisant de grandes civilités. Ah ! Monsieur Dimanche, approchez. Que je suis ravi de vous voir, et que je veux de mal à mes gens de ne vous pas faire entrer d'abord ! J'avais donné ordre qu'on ne me fît parler personne ; mais cet ordre n'est pas pour vous, et vous êtes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moi.
M. Dimanche. Monsieur, je vous suis fort obligé.
Dom Juan, parlant à ses laquais. Parbleu ! Coquins, je vous apprendrai à laisser M. Dimanche dans une antichambre, et je vous ferai connaître les gens.
M. Dimanche. Monsieur, cela n'est rien.
Dom Juan. Comment ? Vous dire que je n'y suis pas, à M. Dimanche, au meilleur de mes amis ?
M. Dimanche. Monsieur, je suis votre serviteur : J'étais venu...
Dom Juan. Allons vite, un siège pour M. Dimanche.
M. Dimanche. Monsieur, je suis bien comme cela.
Dom Juan. Point, point, je veux que vous soyez assis contre moi. M. Dimanche. Cela n'est point nécessaire.
Dom Juan. Otez ce pliant, et apportez un fauteuil.
M. Dimanche. Monsieur, vous vous moquez, et...
Dom Juan. Non, non, je sais ce que je vous dois, et je ne veux point qu'on mette de différence entre nous deux.
M. Dimanche. Monsieur...
Dom Juan. Allons, asseyez vous.
M. Dimanche. Il n'est pas besoin, Monsieur, et je n'ai qu'un mot à vous dire. J'étais...
Dom Juan. Mettez vous là, vous dis-je.
M. Dimanche. Non, Monsieur, je suis bien. Je viens pour...
Dom Juan. Non, je ne vous écoute point si vous n'êtes assis.
M. Dimanche. Monsieur, je fais ce que vous voulez. Je...
Dom Juan. Parbleu ! Monsieur Dimanche, vous vous portez bien.

M. Dimanche. Oui, Monsieur, pour vous rendre service. Je suis venu...
Dom Juan. Vous avez un fonds de santé admirable, des lèvres fraîches, un teint vermeil, et des yeux vifs.
M. Dimanche. Je voudrais bien...
Dom Juan. Comment se porte Madame Dimanche, votre épouse ?
M. Dimanche. Fort bien, Monsieur, Dieu merci.
Dom Juan. C'est une brave femme.
M. Dimanche. Elle est votre servante, Monsieur. Je venais...
Dom Juan. Et votre petite fille Claudine, comment se porte-t-elle ?
M. Dimanche. Le mieux du monde.
Dom Juan. La jolie petite fille que c'est ! Je l'aime de tout mon cœur.
M. Dimanche. C'est trop d'honneur que vous lui faites, Monsieur. Je vous...
Dom Juan. Et le petit Colin, fait il toujours bien du bruit avec son tambour ?
M. Dimanche. Toujours de même, Monsieur. Je...
Dom Juan. Et votre petit chien Brusquet ? Gronde−t−il toujours aussi fort, et mord il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous ?
M. Dimanche. Plus que jamais, Monsieur, et nous ne saurions en chévir.
Dom Juan. Ne vous étonnez pas si je m'informe des nouvelles de toute la famille, car j'y prends beaucoup d'intérêt.
M. Dimanche. Nous vous sommes, Monsieur, infiniment obligés. Je...
Dom Juan, lui tendant la main. Touchez donc là, Monsieur Dimanche. Êtes-vous bien de mes amis ?
M. Dimanche. Monsieur, je suis votre serviteur.
Dom Juan. Parbleu ! Je suis à vous de tout mon cœur.
M. Dimanche. Vous m'honorez trop. Je...
Dom Juan. Il n'y a rien que je ne fisse pour vous.
M. Dimanche. Monsieur, vous avez trop de bonté pour moi.
Dom Juan. Et cela sans intérêt, je vous prie de le croire.

M. Dimanche. Je n'ai point mérité cette grâce assurément. Mais, Monsieur...

Dom Juan. Oh ! Çà, Monsieur Dimanche, sans façon, voulez vous souper avec moi ?
M. Dimanche. Non, Monsieur, il faut que je m'en retourne tout à l'heure. Je...
Dom Juan, se levant. Allons, vite un flambeau pour conduire M. Dimanche et que quatre ou cinq de mes gens prennent des mousquetons pour l'escorter. M. Dimanche, se levant de même. Monsieur, il n'est pas nécessaire, et je m'en irai bien tout seul. Mais...
Sganarelle ôte les sièges promptement.
Dom Juan. Comment ? Je veux qu'on vous escorte, et je m'intéresse trop à votre personne. Je suis votre serviteur, et de plus votre débiteur.
M. Dimanche. Ah ! Monsieur...
Dom Juan. C'est une chose que je ne cache pas, et je le dis à tout le monde.
M. Dimanche. Si...
Dom Juan. Voulez vous que je vous reconduise ?
M. Dimanche. Ah ! Monsieur, vous vous moquez, Monsieur...
Dom Juan. Embrassez-moi donc, s'il vous plaît. Je vous prie encore une fois d'être persuadé que je suis tout à vous, et qu'il n'y a rien au monde que je ne fisse pour votre service.
Il sort.
Sganarelle. Il faut avouer que vous avez en Monsieur un homme qui vous aime bien.
M. Dimanche. Il est vrai ; il me fait tant de civilités et tant de compliments que je ne saurais jamais lui demander de l'argent.
Sganarelle. Je vous assure que toute sa maison périrait pour vous ; et je voudrais qu'il vous arrivât quelque chose, que quelqu'un s'avisât de vous donner des coups de bâton ; vous verriez de quelle manière...
M. Dimanche. Je le crois ; mais, Sganarelle, je vous prie de lui dire un petit mot de mon argent.
Sganarelle. Oh ! Ne vous mettez pas en peine, il vous payera le mieux du monde.
M. Dimanche. Mais vous, Sganarelle, vous me devez quelque chose en votre particulier.
Sganarelle. Fi ! Ne parlez pas de cela.
M. Dimanche. Comment ? Je...
Sganarelle. Ne sais je pas bien que je vous dois ?


M. Dimanche. Oui, mais...
Sganarelle. Allons, Monsieur Dimanche, je vais vous éclairer.
M. Dimanche. Mais mon argent...
Sganarelle, prenant M. Dimanche par le bras. Vous moquez vous ?
M. Dimanche. Je veux...
Sganarelle, le tirant. Eh !
M. Dimanche. J'entends...
Sganarelle, le poussant. Bagatelles.
M. Dimanche. Mais...
Sganarelle, le poussant. Fi !
M. Dimanche. Je...
Sganarelle, le poussant tout à fait hors du théâtre. Fi ! Vous dis-je.

 

 

 

 

Né en 1622 à Paris, Molière de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin fils d’un tapissier du roi fit ses études dans un collège de Jésuites qui accueillait les fils de la noblesse et de la riche bourgeoisie. Il se détourna de la carrière que son père lui destinait au profit de la création d’une troupe de comédiens: « L’Illustre Théâtre ». La comédie de l'époque classique est alors très fortement dominée par la figure de Molière même si les auteurs comiques étaient fort nombreux. En 1664, Molière produit Tartufe que le roi applaudit mais qu'il se voit obligé, pour de complexes raisons de politique religieuse, de l’interdire aussitôt. Il s’agit alors pour Molière de faire vivre sa troupe. L’auteur décide de créer rapidement une pièce en prose sur un sujet à la mode : entre 1658 et 1661, on ne trouve pas moins de trois pièces traitant d’un personnage libertin, séducteur et impie précipité dans la mort par une statue de pierre Ce thème trouve son origine en Espagne dans une pièce de Tirso de Molina, Dom Juan alors s’inscrit dans un projet de Molière de « dénoncer les vices du siècle », en particulier l’hypocrisie. Elle est une réflexion sur le libertinage et ses excès. En présentant un libertin foudroyé par la vengeance divine, il espère convaincre les spectateurs et les autorités de la moralité de ses intentions. S'éloignant des règles strictes du théâtre classique, Dom Juan peut être lue comme une pièce manifestant de fortes influences baroques. De cette pièce représentée pour la première fois en 1665 nous est présenté à l’étude la scène 3 de l’acte 4 dans laquelle un certain M. Dimanche se présente à Dom Juan pour tenter de récupérer une somme d’argent qu’il lui avait prêté par le passé. Nous nous demanderons alors en quoi l’extrait est révélateur d’un système de relations sociales propre à cette époque ? Nous tenterons d’y répondre en dégageant trois portraits : M. Dimanche, un bienfaiteur méprisé ; Sganarelle, une vulgaire copie et enfin D.J, l’image d’un Seigneur.

I. M. Dimanche, un bienfaiteur méprisé. 

 

Si l’on ne se tient qu’aux morceaux de répliques que M. Dimanche semble s’efforcer de prononcer, on en déduirait que ce personnage, introduit à ce stade de l’intrigue, viendrait quémander, tout comme l'a fait le Pauvre précédemment, quelque somme ou du moins quelques services au Seigneur D.J. - En effet, les points de suspension  sont abondants, présents a la fin de ses répliques témoignent de son incapacité à terminer ses propos, ce qui pourrait être interprété comme une gêne à oser demander quoique ce soit. -Aux répliques plus élaborées de Dom Juan, les siennes dégagent une cordialité, un contentement « Je vous suis fort obligé », « Monsieur cela n’est rien », « Monsieur, je suis votre serviteur », « cela n’est point nécessaire », voire même de la reconnaissance « Oui, Monsieur, pour vous rendre service », « Elle est votre servante, Monsieur », « C’est trop d’honneur que vous lui faites ». -Pour le lecteur de cette seule scène, ce personnage servait en attente d’un geste charitable de la part de ce grand Seigneur, mais si l’on s’attarde sur ses répliques, on remarque que dans la majorité d’entre elles, il est sur le point de dire quelque chose de bien précis avant d’être interrompu « J’étais… », « Je viens pour… », « Je suis venu… », « Je voudrais bien… », « Monsieur, je venais… ». -Et l’on peut donc émettre l’hypothèse que M. Dimanche viendrait non pas demander, mais réclamer un dû et qu’il a bien du mal à aller jusqu’au bout probablement à cause de l’infériorité de son rang par rapport à celui de son débiteur.

 

transition : M. Dimanche se présente alors comme un personnage bienfaiteur qui n’arrive pas à s’imposer face à son débiteur Dom Juan du fait de l’infériorité de son statut social. Cependant un autre personnage semble lui aussi lui devoir une somme d’argent et cette fois ci le créancier n’hésite pas à exprimer clairement sa demande remboursement.

II. Sganarelle, une vulgaire copie. 

-Dans cet extrait, le valet semble fidèle à l’image que s’est faite de lui le lecteur/spectateur dès le début. -Toujours dans l’ombre de son maître et essayant de calquer avec obstination son éloquence, il en devient ridicule. -Ainsi dans cette scène, le voila qui tente d’être le prolongement de Dom Juan et d’adopter son attitude seigneuriale et manipulatrice « Je vous assure que toute sa maison périrait pour vous », « il vous payera le mieux du monde » afin de se débarrasser de l’embarrassant prêteur. -Pourtant, ce sera une piètre tentative puisque tout ce que ce dernier n’aura pas réussi à prononcer devant D.J, il le lui dira clairement  « mais Sganarelle je vous prie de lui dire un petit mot de mon argent ». -Pour la première fois depuis le début de la scène, M. Dimanche parvient à formuler une phrase entière et cette opportunité nous permet d’apprendre que même Sganarelle lui doit de l’argent « Mais vous, Sganarelle, vous me devez quelque chose en votre particulier ». -« C’est donc un valet qui veut imiter son maître en tout, même dans l’escroquerie, mais à l’inverse de son maître, lui n’a pas de rang social qui lui permette d’en abuser, ni encore le pouvoir de séduction pour se mettre à l’abri d’une situation aussi gênante. -Faute de quoi, le rapport devient physique. Nous constatons grâce aux didascalies une évolution de son irritation devant l’insistance de M. Dimanche, c’est le comique de gestes « prenant M. Dimanche par le bras », « le tirant », « le poussant ». - Il en ressort une image grossière, exacerbé par le manque d’intelligence et de savoir-faire qui doit recourir à la force physique pour se faire entendre. -Cela fait rire mais en même temps réfléchir sur un stéréotype de la société. C’est le comique de caractère.

Transition : Sganarelle apparaît alors comme une vulgaire copie de son maître, singeant sa verve et son attitude envers le créancier alors même qu’il peignit précédemment un portait péjoratif de Dom Juan. Qu’en est-il alors de ce dernier ? 

 

 

III. Dom Juan, portrait d’un Seigneur. 

  -Comme il nous a habitués depuis le début de la pièce, Dom Juan monopolise la parole pendant la majeure partie de la scène. -Il se montre menteur et tyrannique envers ses serviteurs en leur reprochant d’avoir fait attendre M. Dimanche alors que le lecteur/spectateur sait déjà que c’est sous son ordre qu’il fallait empêcher le préteur d’entrer chez lui , le ton est autoritaire avec l’emploi de jurons « Parbleu ! Coquin » illustrant d’ailleurs le comique de langage, l’emploi de l’impératif est récurent « ôtez et apportez ». -Mais ce « grand Seigneur méchant homme » a eu un jour besoin de recourir à l’aide financière de M. Dimanche et il ne compte régler sa dette de si tôt. -Il adopte alors une autre stratégie que l’autorité et le pouvoir. La première didascalie de la scène annonce le ton cordial que veut afficher le personnage « faisant de grandes civilité ». -Le discours entreprenant qu’il adopte ensuite à l’égard de son interlocuteur « vous êtes en droit de ne jamais trouver de porte fermée chez moi », « M. Dimanche, le meilleur de mes amis », « je veux que vous soyez assis contre moi », et qui dénote de son habituelle pouvoir de manipulation. -Il s’informe de la forme et de l’état de la famille de son convive et va même jusqu’à s’inquiéter du « petit chien Brusquet ». -Mais cette stratégie semble fructueuse puisqu’elle lui permet de mettre M. Dimanche dans l’embarras devant une telle attention tant et si bien qu’il n’ose revendiquer son dû. -On pourrait même penser que les rôles sont inversés et qu’au lieu que ce soit le débiteur qui soit dans la gêne, c’est plutôt le créancier semble quémander un objet et qu’il a du mal à le formuler.
-Telle est donc l’image de la seigneurie de l’époque qui se place comme une catégorie d’impunis.

Grâce à cette scène, nous avons pu avoir une représentation des rapports sociaux qui régissaient à l’époque de Molière au 17ème siècle. Plus que le comique, c’est la satire d’où il ressort une dénonciation des faits établis qui font de ce grand dramaturge un précurseur des idées des « Lumières ».

 

 

 

 

 

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