Forum bac  Listes EAF, descriptifs bac - Blog des lycéens  

L oral de français

ForumFORUM PEDAGOGIQUE

FORUM PREPABACForum prepabac

 

Skype
Prepabac facebook
Google
Twitter

Profs en direct le jour du bac

PROFS EN DIRECT : LE FORUM

Pondichery 2016

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie

Blogger

 

 

Sartre

Bibliothèque scolaire

11000 documents en ligne

Le bac en ligne metropole etranger candidats libres et lyceens scolarises

Elèves scolarisés   

Candidats libres

Lycées métropole et à  l'étranger      

 

ELEVES SCOLARISES - CANDIDATS LIBRES, METROPOLE, DOM TOM, LYCEES FRANCAIS A L'ETRANGER ET LYCEESPROFESSIONNELS 

Mme La Fayette, Princesse de Clèves, la scène de la déclaration

La-Fayette

 

 

 

 

  • La Fayette, Princesse de Clèves
  • La scène de déclaration
  • Oral EAF, questionnaire 79 questions et réponses
  • Accéder au document

 

 

 

 

Lecture du texte :

 

La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette

l'extrait : " Monsieur de Clèves se trouvait heureux, sans être néanmoins entièrement content. Il voyait avec beaucoup de peine que les sentiments de mademoiselle de Chartres ne passaient pas ceux de l'estime et de la reconnaissance, et il ne pouvait se flatter qu'elle en cachât de plus obligeants, puisque l'état où ils étaient lui permettait de les faire paraître sans choquer son extrême modestie. Il ne se passait guère de jours qu'il ne lui en fît ses plaintes. — Est-il possible, lui disait-il, que je puisse n'être pas heureux en vous épousant ? Cependant il est vrai que je ne le suis pas. Vous n'avez pour moi qu'une sorte de bonté qui ne peut me satisfaire ; vous n'avez ni impatience, ni inquiétude, ni chagrin ; vous n'êtes pas plus touchée de ma passion que vous le seriez d'un attachement qui ne serait fondé que sur les avantages de votre fortune, et non pas sur les charmes de votre personne. — Il y a de l'injustice à vous plaindre, lui répondit-elle ; je ne sais ce que vous pouvez souhaiter au-delà de ce que je fais, et il me semble que la bienséance ne permet pas que j'en fasse davantage. — Il est vrai, lui répliqua-t-il, que vous me donnez de certaines apparences dont je serais content, s'il y avait quelque chose au-delà ; mais au lieu que la bienséance vous retienne, c'est elle seule qui vous fait faire ce que vous faites. Je ne touche ni votre inclination ni votre cœur, et ma présence ne vous donne ni de plaisir ni de trouble. — Vous ne sauriez douter, reprit-elle, que je n'aie de la joie de vous voir, et je rougis si souvent en vous voyant, que vous ne sauriez douter aussi que votre vue ne me donne du trouble. — Je ne me trompe pas à votre rougeur, répondit-il ; c'est un sentiment de modestie, et non pas un mouvement de votre cœur, et je n'en tire que l'avantage que j'en dois tirer. Mademoiselle de Chartres ne savait que répondre, et ces distinctions étaient au-dessus de ses connaissances. Monsieur de Clèves ne voyait que trop combien elle était éloignée d'avoir pour lui des sentiments qui le pouvaient satisfaire, puisqu'il lui paraissait même qu'elle ne les entendait pas. Le chevalier de Guise revint d'un voyage peu de jours avant les noces. Il avait vu tant d'obstacles insurmontables au dessein qu'il avait eu d'épouser mademoiselle de Chartres, qu'il n'avait pu se flatter d'y réussir ; et néanmoins il fut sensiblement affligé de la voir devenir la femme d'un autre. Cette douleur n'éteignit pas sa passion, et il ne demeura pas moins amoureux. Mademoiselle de Chartres n'avait pas ignoré les sentiments que ce prince avait eus pour elle. Il lui fit connaître, à son retour, qu'elle était cause de l'extrême tristesse qui paraissait sur son visage, et il avait tant de mérite et tant d'agréments, qu'il était difficile de le rendre malheureux sans en avoir quelque pitié. Aussi ne se pouvait-elle défendre d'en avoir ; mais cette pitié ne la conduisait pas à d'autres sentiments : elle contait à sa mère la peine que lui donnait l'affection de ce prince."

 

Séquence : Le roman :

Le personnage de roman : du fantasme mythologique à l'être de chair.

 

commentaire :

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne naît à Paris d’un père écuyer appartenant à l'entourage de Richelieu et d’une mère au service de Mme de Combalet, nièce du cardinal Richelieu. La future Mme de Lafayette est de petite noblesse mais son érudition, sa beauté et la richesse de sa famille, lui ouvrent vite les portes des salons parisiens. A seize ans, Marie-Madeleine fréquente les salons de Mlle de Scudéry et l'hôtel de Rambouillet. Elle devient demoiselle d'honneur de la régente Anne d'Autriche et se retrouve ainsi au cœur des intrigues de la Cour. Cinq ans plus tard, elle épouse le comte de Lafayette, officier en retraite de 38 ans, qui est d'une grande noblesse, mais ne dispose que de faibles moyens. Ce mariage de raison vaut à Marie-Madeleine une vie sans passion mais sans tragédie. Les époux adopteront un mode de vie les satisfaisant tous les deux : elle fréquentera les salons parisiens, tandis que le comte restera sur ses terres d'Auvergne. Mme de Lafayette se fixe dans son prestigieux hôtel de la rue Vaugirard et y ouvre son propre salon. Ses amies les plus proches sont sa cousine, Mme de Sévigné, et Henriette d'Angleterre, la belle-sœur du roi. Plus tard Mme de La Fayette noue une relation d'amitié avec La Rochefoucauld. Grâce à celui ci, Mme de la Fayette qui aime les livres et qui a beaucoup lu rencontre Racine, Corneille, Boileau et beaucoup d'autres auteurs. En 1678, parait La Princesse de Clèves, roman aux accents classiques retraçant le parcours initiatique d’une jeune femme qui va découvrir les affres de la passion. De ce roman, nous retiendrons particulièrement un extrait présentant un dialogue, que l’auteur va nous livrer comme étant un échantillon des dialogues quasi quotidiens qui ont lieu entre M.de Clèves et Mlle de Chartres, destiné à faire le point d’une manière aussi précise que possible sur leurs sentiments respectifs à la veille de leur mariage. Il semble alors que les avis divergent entre le couple concernant la réciprocité de leur amour. Dès lors, peut-on considérer que l’extrait traduit une tentative de révolutionner les rapports hommes femmes de l’époque en leur permettant d’exprimer leurs véritables sentiments sans bornes ? Nous montrerons initialement que l’extrait pourrait avoir des allures d’une scène de déclaration si elle n’était entravée par la bienséance qui régit alors les rapports des individus.

I. Une scène de déclaration.

 

-Ce dialogue entre Mlle de Chartre et M. de Clèves se situe à un moment qui semble correspondre à une pause dans l’action du roman. Il a lieu, dans les semaines qui précédent le mariage des deux personnages puisque le contrat a été signé et que la nouvelle a été rendu publique, on attend plus que la cérémonie ait lieu. -Ainsi le texte s’ouvre sur une phrase écrite avec le plus grand soin de nuance. -En effet, la narratrice nous fait bien ressentir la différence entre le bonheur que ressent M. de Clèves d’avoir été le candidat élu pour épouser la belle, jeune et riche Mlle de Chartres, il ne peut néanmoins s’estimer combler par un juste retour de sentiments. - M. de Clèves se plaint alors, dès la première réplique, de la profonde indifférence de Mlle de Chartres à son égard « Ma présence ne vous donne ni plaisir ni trouble »
- Si M. de Clèves s’apprêtait à faire un mariage basé sur l’amour, il en va tout autre pour Mlle de Chartre qui elle ne fera qu’un mariage de raison. -M. de Clèves le ressent et cela altère profondément la joie que lui donne le fait de pouvoir enfin l’épouser. - Il est suffisamment lucide pour se rendre compte que les manifestations de « l’estime et de la reconnaissance » sont loin d’être celles de la passion. -Il manifeste donc son insatisfaction à plusieurs reprises « Il ne se passe guère de jours qu’il ne lui en fit ses plaintes » tans son affliction et son accablement grandissait au fur et à mesure du temps qui passe - Il entreprend alors de clarifier la situation à travers une série d’interrogations envers sa future épouse qui revête des caractères de déclaration amoureuse, il tente de comprendre les motifs qui la poussent à être distante envers lui. - L’utilisation de l’imparfait dans « ne se passait guère un jour » et « … lui disait-il » a valeur de répétition montrent sa volonté et son insistance à connaître les raisons d’un manque de marques d’amour à son égard, d’autant que « l’état où ils étaient » le leur permettait. - Pour lui, rien dans le comportement de la jeune fille ne témoigne d’une quelconque passion. - Le moins qu’on puisse dire de ce personnage est que son grand amour pour sa dulcinée ne l’aveugle pas au point qu’il confonde entre les marques de respect qu’elle a pour lui et la véritable passion. - C’est lui qui enclenche la mise au point et qui semble même orienter le dialogue, puisque la narratrice lui prête le plus souvent la parole dont le ton passe de celui du constat « Cependant il est vrai que je ne le suis pas » a celui du reproche « Vous n’avez ni impatience … de votre personne » -Il ne parvient cependant à donner un sens au malheur qui le ronge venant à la suite d’une alliance qu’il a pourtant tant espérée « Est-il possible que je puisse n’être pas heureux en vous épousant ? » - Il tient alors un discours accusateur envers Mlle de Chartre s’assignant le rôle de victime. -L’anaphore de « vous » sonne en ce sens comme une intention accusatrice -Il lui reproche son manque de « distinction » envers lui et doute ainsi de la réciprocité de leur amour 


 

Transition : On peut donc conclure d’une scène de déclaration a sens unique puisque ce sont plus les sentiments de M.de Clèves qui sont dévoilés, tandis que Mlle de Chartres tente timidement de se défendre, ce qui nous amène à parler en seconde partie de la place de l’éducation et de la bienséance dans l’attitude de la jeune fille.

 

II. La bienséance et les manifestations des sentiments.

 

-Le lecteur l’aura remarqué tout au long de la conversation, la jeune fiancée aura su montrer beaucoup de réserve dans l’expression de ce qu’elle ressent. -En effet, sa première réaction est de rappeler à M.de Clèves les limites qu’impose la « bienséance » aux manifestations du cœur « Je ne sais ce que vous pouvez souhaitez … que j’en fasse davantage »
-Mlle de Chartre réfute les accusations portées envers elle et essaie de répondre aux plaintes de son futur époux -Elle proteste et tente de justifier sa réserve en se retranchant derrière la bienséance « Il me semble que la bienséance ne me permet pas que j’en fasse davantage » -Mais M.de Clèves poursuit dans ses accusations répliquant que si elle se montre un peu aimable envers lui ce n’est qu’un « sentiment de modestie » et non un « mouvement » de son cœur. -Mlle de Chartre ne conçoit pas le discours au accent réprobateur de son futur mari mais tente tout de même de se justifier par le poids de l’éducation qu’elle avait reçu car son fiancé devrait reconnaître que sa simple apparition lui procure de « la joie » et qu’elle lui « donne du trouble ».
-Le lecteur sent chez la jeune personne énormément de franchise, car convaincue que le comportement qu’elle a envers son fiancé est le plus « à propos » et que ce sont là certainement les signes de la passion « et je rougie si souvent en vous voyant… », mais ne saurait y trouver un quelconque débordement sentimental.
-On pourrait alors imputer l’absence de ces manifestations au fait que la jeune demoiselle soit persuadée que ce sont uniquement là les expressions du cœur que la bienséance lui permet, dût-elle ressentir pour le prince le plus fougueux des sentiments, son initiation a l’amour n’ayant comporté que les valeurs de la vertu, de la pudeur et de la dissimulation des impulsions « ses distinctions étaient au-dessus de ses connaissances » -Notre héroïne donne donc toute l’image de « l’honnête femme » aux grandes qualités, dont même la bonté qu’elle éprouve a l’égard du Chevalier de Guise, ayant compté parmi les partis qui la convoitaient et qui a fini par s’incliner devant son choix pour M.de Clèves non sans grand accablement -Elle se réfugie alors pour extérioriser « la peine que lui donnait l’affection de ce prince » dans le rempart que représente sa mère. -Ainsi la princesse estime son mari, lui est dévoué et lui porte un grand respect mais ne peut l’aimer tel qu’il en espère d’elle, malgré ses efforts constants pour y parvenir. -Elle conçoit alors un mariage de convenance car son union avec le prince, qu’elle avait certes accepté, ne reposait en vérité que sur son ignorance du sentiment amoureux.
En définitive, même si l’extrait recèle certaines caractéristiques, on ne peut le considérer comme fructueux puisque M.de Clèves n’aura pas réussi à briser la glace entre sa future épouse et lui, ni à surmonter l’obstacle que représente alors le poids de la bienséance et de l’éducation. Mais peut être faut-il aller chercher les raisons de ce comportement ailleurs et émettre l’hypothèse que Mlle de Chartre n’a pas rencontré en M.de Clèves l’homme qui aura su allumé en elle la flamme de la passion.

 

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 Prépabac le bac en ligne

Logo prepabac

Boutique en ligne français  philosophie

Coaching scolaire mondial
Elèves scolarisés (lycées français à l'Etranger) et candidats libres

 

Professeur indépendant

  • Identifiant SIRET : 819 269 226 00018
  • APE  :  8559B
Logo prepabac

Français : niveau seconde

Français : Bac pro

Littérature : Dossier bac

Profs en direct le jour du bac

PROF EN DIRECT : BAC 2016

Bac 2016

 

Français   -   Français bac pro 

Littérature   -   Philosophie


 
Logo prepabac
Préparation à l'examen du baccalauréat : français séries générales, technologiques et bac pro, philosophie   littérature  Bac pro et Brevet : Bac  en ligne sur prepabac.org. Profs en direct le jour du bac : les annales bac . Préparer le bac en ligne : Demande de cours sur skype  - Coaching scolaire mondial = Elèves scolarisés et candidats libres (lycées français à l'étranger )

 

Licence Creative Commons
Bibliothèque scolaire de prépabac est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://www.prepabac.org/.

Copyright

Droits d'auteur enregistrés, Copyright

Depot.com sous le numéro  00056187

Tous droits réservés

Le site prepabac.org respecte "la loi informatique et liberté "

N° enregistrement CNIL :  1943841