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Chapitre 1 Cervantès, Don Quichotte. Analyses littéraires

 

 

Cervants

 

 

 

Extrait du chapitre 1

Finalement, ayant perdu l’esprit sans ressource, il vint à donner dans la plus étrange pensée dont jamais fou se fût avisé dans le monde. Il lui parut convenable et nécessaire, aussi bien pour l’éclat de sa gloire que pour le service de son pays, de se faire chevalier errant, de s’en aller par le monde, avec son cheval et ses armes, chercher les aventures, et de pratiquer tout ce qu’il avait lu que pratiquaient les chevaliers errants, redressant toutes sortes de torts, et s’exposant à tant de rencontres, à tant de périls, qu’il acquît, en les surmontant, une éternelle renommée. Il s’imaginait déjà, le pauvre rêveur, voir couronner la valeur de son bras au moins par l’empire de Trébizonde. Ainsi emporté par de si douces pensées et par l’ineffable attrait qu’il y trouvait, il se hâta de mettre son désir en pratique. La première chose qu’il fit fut de nettoyer les pièces d’une armure qui avait appartenu à ses bisaïeux, et qui, moisie et rongée de rouille, gisait depuis des siècles oubliée dans un coin. Il les lava, les frotta, les raccommoda du mieux qu’il put. Mais il s’aperçut qu’il manquait à cette armure une chose importante, et qu’au lieu d’un heaume complet elle n’avait qu’un simple morion. Alors son industrie suppléa à ce défaut : avec du carton, il fit une manière de demi-salade, qui, emboîtée avec le morion, formait une apparence de salade entière. Il est vrai que, pour essayer si elle était forte et à l’épreuve d’estoc et de taille, il tira son épée, et lui porta deux coups du tranchant, dont le premier détruisit en un instant l’ouvrage d’une semaine. Cette facilité de la mettre en pièces ne laissa pas de lui déplaire, et, pour s’assurer contre un tel péril il se mit à refaire son armet, le garnissant en dedans de légères bandes de fer, de façon qu’il demeurât satisfait de sa solidité ; et, sans vouloir faire sur lui de nouvelles expériences, il le tint pour un casque à visière de la plus fine trempe.

 

Cela fait, il alla visiter sa monture ; et quoique l’animal eût plus de tares que de membres, et plus triste apparence que le cheval de Gonéla, qui tantum pellis et ossa fuit[18], il lui sembla que ni le Bucéphale d’Alexandre, ni le Babiéca du Cid, ne lui étaient comparables. Quatre jours se passèrent à ruminer dans sa tête quel nom il lui donnerait : « Car, se disait-il, il n’est pas juste que cheval d’aussi fameux chevalier, et si bon par lui-même, reste sans nom connu. » Aussi essayait-il de lui en accommoder un qui désignât ce qu’il avait été avant d’entrer dans la chevalerie errante, et ce qu’il était alors. La raison voulait d’ailleurs que son maître changeant d’état, il changeât aussi de nom, et qu’il en prît un pompeux et éclatant, tel que l’exigeaient le nouvel ordre et la nouvelle profession qu’il embrassait. Ainsi, après une quantité de noms qu’il composa, effaça, rogna, augmenta, défit et refit dans sa mémoire et son imagination, à la fin il vint à l’appeler Rossinante[19], nom, à son idée, majestueux et sonore, qui signifiait ce qu’il avait été et ce qu’il était devenu, la première de toutes les rosses du monde.

 

Ayant donné à son cheval un nom, et si à sa fantaisie, il voulut s’en donner un à lui-même ; et cette pensée lui prit huit autres jours, au bout desquels il décida de s’appeler don Quichotte. C’est de là, comme on l’a dit, que les auteurs de cette véridique histoire prirent occasion d’affirmer qu’il devait se nommer Quixada, et non Quesada[20] comme d’autres ont voulu le faire accroire. Se rappelant alors que le valeureux Amadis ne s’était pas contenté de s’appeler Amadis tout court, mais qu’il avait ajouté à son nom celui de sa patrie, pour la rendre fameuse, et s’était appelé Amadis de Gaule, il voulut aussi, en bon chevalier, ajouter au sien le nom de la sienne, et s’appeler don Quichotte de la Manche, s’imaginant qu’il désignait clairement par là sa race et sa patrie, et qu’il honorait celle-ci en prenant d’elle son surnom.

 

Ayant donc nettoyé ses armes, fait du morion une salade, donné un nom à son bidet et à lui-même la confirmation[21], il se persuada qu’il ne lui manquait plus rien, sinon de chercher une dame de qui tomber amoureux, car, pour lui, le chevalier errant sans amour était un arbre sans feuilles et sans fruits, un corps sans âme. Il se disait : « Si, pour la punition de mes péchés, ou plutôt par faveur de ma bonne étoile, je rencontre par là quelque géant, comme il arrive d’ordinaire aux chevaliers errants, que je le renverse du premier choc ou que je le fende par le milieu du corps, qu’enfin je le vainque et le réduise à merci, ne serait-il pas bon d’avoir à qui l’envoyer en présent, pour qu’il entre et se mette à genoux devant ma douce maîtresse, et lui dise d’une voix humble et soumise : « Je suis, madame, le géant Caraculiambro, seigneur de l’île Malindrania, qu’a vaincu en combat singulier le jamais dignement loué chevalier don Quichotte de la Manche, lequel m’a ordonné de me présenter devant Votre Grâce, pour que Votre Grandeur dispose de moi tout à son aise ? » Oh ! combien se réjouit notre bon chevalier quand il eut fait ce discours, et surtout quand il eut trouvé à qui donner le nom de sa dame ! Ce fut, à ce que l’on croit, une jeune paysanne de bonne mine, qui demeurait dans un village voisin du sien, et dont il avait été quelque temps amoureux, bien que la belle n’en eût jamais rien su, et ne s’en fût pas souciée davantage. Elle s’appelait Aldonza Lorenzo, et ce fut à elle qu’il lui sembla bon d’accorder le titre de dame suzeraine de ses pensées. Lui cherchant alors un nom qui ne s’écartât pas trop du sien, qui sentît et représentât la grande dame et la princesse, il vint à l’appeler Dulcinée du Toboso, parce qu’elle était native de ce village : nom harmonieux à son avis, rare et distingué, et non moins expressif que tous ceux qu’il avait donnés à son équipage et à lui-même.

[18] Pietro Gonéla était le bouffon du duc Borso de Ferrare, qui vivait au quinzième siècle. Luigi Domenichi a fait un recueil de ses pasquinades. Un jour, ayant gagé que son cheval, vieux et étique, sauterait plus haut que celui de son maître, il le fit jeter du haut d’un balcon, et gagna le pari. – La citation latine est empruntée à Plaute (Aulularia, acte III, scène VI).

[19] Ce nom est un composé et un augmentatif de rocin, petit cheval, bidet, haridelle. Cervantès a voulu faire, en outre, un jeu de mots. Le cheval qui était rosse auparavant (rocin-antes) est devenu la première rosse (ante-rocin).

[20] Quixote signifie cuissard, armure de la cuisse; quixada, mâchoire, et quesada, tarte au fromage. Cervantès a choisi pour le nom de son héros cette pièce de l’armure, parce que la terminaison ote désigne ordinairement en espagnol des choses ridicules.

[21] Quelquefois, en recevant la confirmation, on change le nom donné au baptême.

  • Travail à faire :

Trouver le plan en vue d'un commentaire

 

Quelques idées :

L'invention de Don Quichotte

  • Structure du texte (projet, l'allure, le cheval, le chevalier, la dame). Il y a un ordre chronologique. Il se prépare de manière méthodique.
  • Narration : point de vue omniscient. Donne l'impression que le narrateur et l'auteur sont dissociés et que Don Quichotte a vraiment existé.
  • Champ lexical de la pensée "s'imaginer"
  • Phases exclamatives
  • Il s'approprie le personnage
  • registre ironique
  • Description : Don Quichotte s'invente. Importance de la description
  • L'ingénieux hidalgo : Il se trouve compétent : Il fabrique son casqque et maitrise la technique de l'armure.
  • Don Quichotte n'est pas original. Il veut être un stéréotype de la chevalerie, il en rêve : stéréotype du chevalier errant.

 

ce texte décrit les préparatifs et le départ du "chevalier errant" vers ses premières aventures.

 La description dans les préparatifs

Le lecteur spectateur

Les pensées de Don Quichotte  : vantard, vaniteux, grandiloquent et naif : Don Quichotte s'invente. Un être purement fictif.

L'ampleur du projet et faiblesse de l'exécutant

Le burlesque. Parodie de la chevalerie

Connaissance de la chevalerie purement livresque

L'inauthenticité de Don Quichotte

Plan possible pour un commentaire

  • I – Description dans les préparatifs
  • 1 – Importance de la description
  • 2 – Organisation, ordre chronologique et méthode
  • 3 – Compétence du héros
  • II - La narration
  • 1 – Un narrateur omniscient
  • 2 – Don Quichotte narrateur
  • 3 – Le lecteur spectateur
  • III – Les mots et les choses
  • 1 – Don Quichotte : créateur de mots
  • 2 – Don Quichotte se trompe sur la vérité des mots et des choses
  • 3 – L'originalité de Don Quichotte
  • problématique :
  • Montrez en quoi dans ce passage Don Quichotte est à la fois un héros qui s'invente, un personnage inauthentique et original ?

 

Notes

La vertu civilisatrice du héros est

inversée au profit d’un autre ordre de compréhension du

monde chez Don Quichotte (l’imaginaire se superpose au

réel et le parasite) ; elle permet de réablir un ordre jusquelàusurpéchez le picaro (un ordre fondésur l’intelligence et

la capacitéd’adaptation supplante un autre ordre, fondésur

des privilèges indus). Ainsi, l’éucation du picaro, dans cet

extrait, prend àrevers celle du chevalier (passage obligéde

l’apprentissage de la chevalerie et de ses valeurs) : il n’y a

point de culture ou de morale à apprendre des préepteurs

tous plus ignorants les uns que les autres. La seule morale

est celle, pratique, qui consiste à se lancer sur les chemins

du monde et à se mettre à l’épreuve du hasard en s’éifiant

soi-même au grédes contingences.

Caractérisation du passage

Le passage se caractérise par un traitement burlesque :

en effet, Don Quichotte incarne sous l’angle parodique la

figure déradé d’un héos de romans de chevalerie. Le

personnage apparaî dè le seuil du texte comme ridicule.

L’incipit est aussi une parodie d’incipit de roman réaliste

et par conséquent induit une réflexion sur la fiction et ses pouvoirs. 

 

Proposition de lecture analytique : dépasser le texte et généraliser les idées du début du livre

Don Quichotte = un anti héros

I. Parodier le roman de chevalerie

A. Un catalogue des codes du roman de chevalerie

a. Un fervent admirateur de romans de chevalerie. La

lecture apparaît comme « ravissement » et extase : cette

lecture exclusive se fait au dériment du quotidien. Passion

véue sous le signe de l’excè : réurrence de l’hyperbole :

« s’acheta autant de romans qu’il en put trouver »).

b. Tous les topoïdu roman de chevalerie sont préents.

Costume (« lance, bouclier »), bestiaire (levrette et rosse »),

aventures (« querelles, déis, batailles, blessures »), idél

chevaleresque (« service de sa patrie » ; « réarant […]

toutes sortes d’injustices »), ethos chevaleresque (« s’exposant

aux hasards et aux dangers »).

c. Une passion « extravagante ». Lecture obsessionnelle

qui corrompt son jugement. Folie du héos (« son cerveau

se desséha »), signe d’une distance prise par l’auteur àl’éard de modèes littéaires antéieurs.

B. Un héros sans envergure

a. Dimension parodique du portrait du héros.

b. Physique atypique. Maigre et âgé.

c. Un costume misérable. Costume de « drap fin » et

« pantoufles ». Le héos s’oppose aux flamboyants chevaliers,

vêus d’une armure rutilante.

d. L’absence de nom. Incertitude sur le nom « on ne sait

pas trè bien », « Quichada ou Quesada »). Le héos est àl’opposédu héos traditionnel qui appartient àune grande

famille.

C. Un héros oisif

a. L’oisivetédu héos. Peu de verbes de mouvements et

de description d’actions (sauf dans le dernier paragraphe).

b. La passion des livres. Les lettres plutô que les armes

(champ lexical de la lecture). Ironie du narrateur qui se

moque d’un héos plongédans la lecture àses « heures

d’oisiveté c’est-àdire le plus clair de son temps ».

II. « D e l’horrible danger de la lecture » (Voltaire)

L’incipit condamne la fascination dangereuse que peuvent

exercer les oeuvres d’imagination.

Effets néastes de la lecture : 3 éapes dans le processus

de perversion de l’imagination.

A. Usage immodéré de la lecture

Rhétorique de l’hyperbole : « ses nuits et ses jours »,

« le plus clair de son temps », « du soir jusqu’au matin et du

matin jusqu’au soir », « têe pleine ». Le héos a lu sa vie.

Appéit insatiable pour tout ce qui est érit.

B. Imprégnation mentale et obsession

Endoctrinement romanesque. Confusion entre la réalité

et la fiction (« crut si fort àce tissu d’inventions… »).

Folie du héos. Lectures de DQ ont « desséh[é » sa

cervelle donc chaque objet qui s’offre àsa vue porte la

trace de ses lectures.

C. Imitation

a. Lecture conduit le personnage à vouloir imiter les

romans de chevalerie. Séduction des romans sur imagination

débile de DQ : « pensé que jamais fou ait pu concevoir

b. imitation de la geste chevaleresque. Combats, costume, quête de la gloire.

III. Un incipit à valeur programmatique : éloge de la liberté créatrice

A. Congédier les modèles

Une illusion de réalisme. Quelques traits réalistes : « sec

de corps », « maigre de visage »… et indices sur repas du

héros (structure éuméative).

Miner le rélisme : « un village de la Manche » : indéermination

spatiale ; indéermination temporelle « il n’y a

pas longtemps ». Déails déisoires et totalement superflu

sur les menus du héos.

B. Refuser le déterminisme d’un incipit

a. L’absence d’indices. Pas de lieu, pas de nom, pas de

famille.

b. Autonomie de la fiction : « dans un village de la Manche,

dont je ne veux pas me rappeler le nom ». La premièe

phrase peut vouloir dire :

1/ « je ne peux pas me rappeler » : cela ôe toute importance

au nom de l’endroit

2/ le lieu doit demeurer secret : il n’a pas d’importance

et donc le message au lecteur est que le roman doit demeurer

libre du rééent. Le roman n’est pas une copie du rél.

C. La désinvolture du narrateur

a. Le narrateur refuse d’assumer sa fonction (notamment

informative) de narrateur « je ne veux pas me rappeler

le nom ».

b. Ironie et intrusion de l’auteur. Axiologie néative du

vocabulaire « tissu d’inventions », « extravagante », « il

crut bon et néessaire ». Prise de distance par rapport au

héos, au « gentilhomme » qu’il regarde et juge comme un

objet étrange.

Livre du professeur : français littérature 1 ères

 

Les problématiques de l'oeuvre :

 

  • Le chevalier errant (rhétorique) : comment l'attente de l'action devient-elle occasion de récit?
  • Le fou (psychologie) : comment s'articulent raison et folie dans les discours des personnages?
  • Le fracturé entre mots et choses (épistémologie) : comment le texte exprime t'-il le divorce des similitudes selon Foucault?
  • L'être de papier (poétique) : comment se construit progressivement la réflexivité du roman?
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