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Camus la peste, commentaire 4 : Quelles sont les intentions de Camus? Une inversion logique des valeurs et une prise de conscience

 

Camus

 

 

 

Première partie de l'entretien : La Peste Camus, Texte 4

Introduction :

Le XXème siècle est marqué par de nombreux événements historiques comme la seconde guerre mondiale. Camus, journaliste rédacteur en chef de Combat un journal regroupant des résistant est également un écrivain. Il relate dans ses œuvres des situations lui permettant de faire part de ses réflexions. En 1947, deux ans après la fin de la seconde guerre mondiale, La Peste paraît. Camus y compte à travers la chronique d’un médecin l’évolution de la vie à Oran sujette à une épidémie : La peste. Dans la 4ème partie, 6ème sous-partie ;

Problématique :

Quelles sont les intentions de Camus dans cet extrait? La visée du texte ?

I. Une inversion logique des valeurs

1) Le coupable victime

+en mettant en relief les différentes fragilitées du coupable le lecteur est appelé à la pitié :

- termes péjoratifs : « ce petit homme au poil roux et pauvre » (l.3/4) ; comparaison « hibou effarouché » (l. « le nœud de sa cravate ne s’ajustait pas exactement à l’angle du col. Il se rongeait les ongles » => pas soigné, pas à sa place=> fragilité physique

-Exagérations qui appellent à la pitié :

*reprise anaphorique du si : « si décidé à tout reconnaître, si sincèrement effrayé » + parallélisme « par ce qu’il avait fait et ce qu’on allait lui faire » (l.5/6) =>ici le coupable accepte ses fautes et le fait qu’il se montre de bonne foi l’excuse auprès de Tarrou et ainsi du lecteur => fragilité morale

*comparaison : « il avait l’air d’un hibou effarouché par une lumière trop vive » (l.=> le coupable est montré comme un faible, il ne semble pas à sa place, en outre le « trop » insiste sur cette position inapropriée, de plus, assimilé à un hibou, il perd sa condition humaine. => fragilité de « l’état »

Ici le coupable est assimilé à une personne faible et fragile, qui contraste avec l’idée d’un coupable, personne auteur de crime qui a une forte personnalité qui se retranscrit dans ses actes. L’apparence fragile du coupable entraîne le lecteur à se faire de lui une image d’une victime plutot que celle d’un auteur de crime. D’ailleurs la phrase « Je crois qu’il était coupable en effet, il importe peu de quoi » annonce que le narrateur s’intéresse plutôt à la personne qu’à ses actes.

2) Un juge diabolique

+ La métamorphose d’un père :

-« Transformé par sa robe rouge » (l.22)=> la couleur rouge, rappelant la couleur du sang est utilisée ici dans le but de montrer la cruauté du père transformé par sa tenue de magistrat.

- Il est peu sympathique : reprise anaphorique du ni+terme mélioratif, qui insiste sur la perte d’humanité du père lorsqu’il est juge « ni bonhomme ni affectueux » (l.22), ceci insiste sur l’aspect péjoratif du père en tant que juge.

+Un juge qui exerce une autorité incontestable, et qui profère des paroles mauvaises :

-Métaphore de la parole « sa bouche grouillait de phrases immenses » (l.23) + comparaison « qui, sans arrêt, en sortaient comme des serpents » (l24)=> aspect péjoratif de la parole

-Une autorité incontestable « au nom de la société »

-Reprise de « qu’il demandait » (l.24&26) _ appuyé par « même » + « il obtint cette tête » (l.29) ainsi on s’apperçoit que le juge obtient tout ce qu’il demande. De plus la métonymie de la tête pour désigner le coupable montre la mise à l’écart de l’homme par le père, qui montre ainsi une « inhumanité »

- Impératif « Cette tête doit tomber »(l.27) qui est rapporté au discours direct et insiste sur la parole du juge

+ Critique du père en tant que juge :

-il exige la mort de l’homme, mais il ne se salit pas les mains « simplement, ce n’est pas lui qui fit alors le travail » (l.29/30 »

Ainsi, il critique une forme d’autorité supérieur, capable de donner la mort et ayant un jugement non contestable. On peut assimiler cela à la peste, qui elle aussi donne la mort et est intransigeante.

3)…exposés dans un développement structuré

+Le texte est très bien construit, en effet, la fin de chaque paragraphe annonce le contenu du suivant.

+ On relève d’autre part des connecteurs logiques qui assurent la continuité du récit

+ De plus, le narrateur est très impliqué et s’adresse à son interlocuteur, et ainsi au lecteur « Vous avez compris » (l/11) ce qui permet de garder l’attention du lecteur et de lui permettre de bien rentrer dans le texte.

II. Une prise de conscience

1) L’analepse, le retour vers l’adolescence/ évolution des sentiments

+C’est un récit, on constate donc l’emploi du discours narratif :

-système temps passé : imparfait utilisé pour la description

-modalisateurs « je crois » « même » « si sincèrement »

-forte présence de la première personne

+Le récit est également marqué par une importante description :

- utilisations de nombreuses images comme vu au I, ainsi que prétérition :« Bref, je m’insiste pas, vous avez compris qu’il était vivant » (l.11)

-Toute l’attention du narrateur est accordée au coupable, comme le montre les expressions se rattachant au champ lexical de la vision : « image » (l.2) « je n’eus plus d’yeux que pour lui » (l.6) « aveuglement entêté »(l.19/20) ou encore l’expression « m’enlevait toute autre attention que celle que je portais au prévenu » (.16/17)

2) l’évolution de ses sentiments

provoque chez le lecteur le choc que ce dernier a éprouvé :

+ Le narrateur assimile l’inculpé plus à un homme qu’à un coupable :

- La caractérisation de l’inculpé évolue au cours du texte : le condamné est tout d’abord assimilé à un « coupable » (l.2) comme le montre la répétition, mais au cours du texte, le narrateur s’attarde beaucoup plus sur l’homme en lui-même plutôt qu’en tant que coupable. «cet homme » (l.25)

-Il remet en question son point de vue sur le coupable «

Le narrateur pend conscience que l’on va tuer un homme, et ceci est pour lui inacceptable :

+ Il prend conscience d’une façon soudaine : - adverbes : « brusquement » (l.12) « vraiment » (l.20)

+ Il est choqué par sa révélation :

-pléonasme : « je sentais qu’on voulait tuer un homme vivant » (l.17/1

-assimilation de la condamnation à un assassinat : « le plus abject des assassinats », le superlatif montre ainsi le rejet de cette condamnation

 Dénonciation de la peine de mort, mais aussi de la peste

Conclusion :

A travers ce texte, Camus nous fait part de ses réflexions. En effet, il incite le lecteur à prendre conscience tout en relatant la prise de conscience d’un jeune homme. Il dénonce à travers l’histoire de Tarrou la supériorité du père/ juge qui condamne des personnes sans prendre en compte leur humanité. Ainsi, il dénonce la justice, une valeur incontestable mais il dénonce surtout la peine de mort en l’assimilant à un assassinat. Cette dénonciation de la peine de mort faite par Camus se retrouve aussi dans L’étranger roman relatant la déchéance d’un homme condamné.

LE TEXTE:

« Je n'ai pourtant gardé de cette journée qu'une seule

image, celle du coupable. Je crois qu'il était coupable en

effet, il importe peu de quoi. Mais ce petit homme au poil

roux et pauvre, d'une trentaine d'années, paraissait si

décidé à tout reconnaître, si sincèrement effrayé par ce

qu'il avait fait et ce qu'on allait lui faire, qu'au bout de

quelques minutes je n'eus plus d'yeux que pour lui. Il avait

l'air d'un hibou effarouché par une lumière trop vive. Le

noeud de sa cravate ne s'ajustait pas exactement à l'angle du

col. Il se rongeait les ongles d'une seule main, la droite...

Bref, je n'insiste pas, vous avez compris qu'il était vivant.

« Mais moi, je m'en apercevais brusquement, alors que,

jusqu'ici, je n'avais pensé à lui qu'à travers la catégorie

commode d' " inculpé ". Je ne puis dire que j'oubliais

alors mon père, mais quelque chose me serrait le ventre qui

m'enlevait toute autre attention que celle que je portais au

prévenu. Je n'écoutais presque rien, je sentais qu'on

voulait tuer cet homme vivant et un instinct formidable

comme une vague me portait à ses côtés avec une sorte

d'aveuglement entêté. Je ne me réveillai vraiment qu'avec

le réquisitoire de mon père.

« Transformé par sa robe rouge, ni bonhomme ni

affectueux, sa bouche grouillait de phrases immenses, qui,

sans arrêt, en sortaient comme des serpents. Et je compris

qu'il demandait la mort de cet homme au nom de la société

et qu'il demandait même qu'on lui coupât le cou. Il disait

seulement, il est vrai : " Cette tête doit tomber. " Mais, à

la fin, la différence n'était pas grande. Et cela revint au

même, en effet, puisqu'il obtint cette tête. Simplement, ce

n'est pas lui qui fit alors le travail. Et moi qui suivis l'affaire

ensuite jusqu'à sa conclusion, exclusivement, j'eus avec ce

malheureux une intimité bien plus vertigineuse que ne l'eut

jamais mon père. Celui-ci devait pourtant, selon la coutume,

assister à ce qu'on appelait poliment les derniers

moments et qu'il faut bien nommer le plus abject des

assassinats.

 

 

Entretiens et commentaires sur la peste de Camus
Commentaires : première partie de l'entretien
Entretien : deuxième partie
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