Présentation du XIXe siècle. Siècle de Flaubert

Bovary

 

 

Le XIXe siècle

 

Le romantique de 1820, date à laquelle naît officiellement ce courant en France, est une personne désenchantée, qui veut à la fois parler de la réalité qui l'entoure et évoquer un ailleurs. Il poétise pour cela  cette réalité. Elle dit un ailleurs, elle est fenêtre sur autre chose, c'est le propre de la poésie.

→Naît à cette époque, le goût pour l'exotisme, le voyage, pour le fantastique aussi, autre ailleurs. Ainsi, Balzac, dans La fille aux yeux d'or, décrit à la fois l'horreur de Paris dans sa dimension matérielle, mais évoque aussi son âme et compare la capitale à l'Enfer de Dante.

Certains, comme V.Hugo s'engagent pour défendre des idéaux, défendre le peuple tellement malmené au XIXème par la misère.

D'autres refusent totalement l'engagement, comme Vigny ou Musset, dont le héros Lorenzaccio est un paria qui ne croit pas en l'efficacité du tyrannicide qu'il s'apprête à accomplir. Il sera jeté par le peuple à la suite de cet acte ds la lagune de Venise, et un autre Médicis succèdera à son cousin. De même que Charles X succède à son frère Louis XVIII, suivi de son cousin Louis-Philippe.

Donc chez les romantiques: envie de dire le monde qui les entoure et qui est souvent abjecte, mais désir aussi d'évoquer un ailleurs.

Chez les réalistes et les naturalistes, même volonté de dire le monde, de décrire la réalité, mais pas de désir de fuite. Au contraire, il s'agit pour eux d'être au plus proche de leurs personnages et de transmettre par l'écriture l'impression que fait sur eux la réalité. On est souvent en focalisation interne.

C'est dire aussi que la réalité nous échappe car comment faire confiance au personnage? Mme Arnoux dans l'Éducation sentimentale est vue uniquement par les yeux de Frédéric :"Ce fut une apparition." Mais dans ce passage, nulle peinture complète de l'héroïne: juste un profil, un chapeau, des rubans, des bandeaux noirs, de grands sourcils, une robe de mousseline claire… ce qu'en voit l'amoureux transi, émerveillé pour finir par son panier à ouvrage: belle réduction de la femme!

→On voit que si les impressions de la réalité sont celles des personnages, le narrateur ne se prive pas de montrer son ironie et d'être sarcastique.

Flaubert fait pour sa part le procès du romantisme à travers le personnage d'Emma dont les rêves d'ailleurs vont la tuer, que les lectures romantiques ont empoisonnée. C'est chez lui que l'on découvre cette réalité vue à travers les personnages dans une savante construction qui nous fait passer du point de vue de Charles par exemple à celui d'Emma par le biais du regard ou d'un objet.

Cependant, lui aussi poétise la réalité, tout comme les romantiques: "Yonville vaut bien Constantinople!" affirme-t-il. Tout peut devenir un bijou entre les mains de Flaubert, c'est une affaire de travail sur le style. Qd ses deux amis, Maxime Du Camp et Louis Bouilhet, à qui il a lu son texte de la Tentation de Saint-Antoine, trente-deux heures durant, lui ont conseillé d'en brûler le manuscrit et d'en abandonner le projet, ce verdict sévère a contraint Flaubert à remettre en cause sa manière d'écrire. Plus tard, il a diagnostiqué ce qui n'allait pas dans la Tentation: le défaut de plan et la construction insuffisamment élaborée. "Les perles ne font pas le collier: c'est le fil."

Par ailleurs il emprunte  aux naturalistes cette nécessité de se documenter énormément, comme sur l'intérieur de la cathédrale de Rouen ou sur les phases d'agonie après empoisonnement à l'arsenic: mais cette réalité sera vue à travers les spectateurs que sont Emma et Léon, à Rouen, Charles, Homais, Bournisien, et les docteurs Canivet et Larivière pendant l'agonie d'Emma; on est alors aussi beaucoup dans les impressions d'Emma.

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