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Diderot, l'incipit de Jacques le fataliste, le commentaire, les problématiques possibles et les plans adaptés aux problématiques

Auteur  
# 02/06/2013 à 17:49 prepabac
Denis DIDEROT – Jacques le Fataliste ( 1796)

 

Commentaire de l’incipit en vue d’une préparation orale

 

 *** Les problématiques possibles sur l'incipit de Jacques le fataliste
**** Adapter le plan en fonction de la problématique de l'examinateur

 

Lecture du texte :

Denis Diderot (1713-1784),



Jacques le fataliste (publié en 1796)


 

Multipliant les rebondissements invraisemblables, tout comme les interruptions du narrateur, ce roman met en scène deux

personnages, un valet et son maître, qui chevauchent plus ou moins paisiblement sur des routes, vers une destination qui

restera inconnue, s'arrêtent dans des auberges, devisent à bâtons rompus : questions philosophiques, souvenirs intimes,

anecdotes…

Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous

importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils

? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas

était écrit là-haut.

LE MAÎTRE. - C'est un grand mot que cela.

JACQUES. - Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet.

LE MAÎTRE. - Et il avait raison...

Après une courte pause, Jacques s'écria : « Que le diable emporte le cabaretier et son cabaret !

LE MAÎTRE. - Pourquoi donner au diable son prochain ? Cela n'est pas chrétien.

JACQUES. - C'est que, tandis que je m'enivre de son mauvais vin, j'oublie de mener nos chevaux à

l'abreuvoir. Mon père s'en aperçoit ; il se fâche. Je hoche de la tête ; il prend un bâton et m'en frotte un peu

durement les épaules. Un régiment passait pour aller au camp devant Fontenoy ; de dépit je m'enrôle. Nous arrivons

; la bataille se donne...

LE MAÎTRE. - Et tu reçois la balle à ton adresse.

JACQUES. - Vous l'avez deviné ; un coup de feu au genou ; et Dieu sait les bonnes et mauvaises aventures

amenées par ce coup de feu. Elles se tiennent ni plus ni moins que les chaînons d'une gourmette. Sans ce coup de

feu, par exemple, je crois que je n'aurais été amoureux de ma vie, ni boiteux.

LE MAÎTRE. - Tu as donc été amoureux ?

JACQUES. – Si je l’ai été !

LE MAÎTRE. - Et cela par un coup de feu ?

JACQUES. - Par un coup de feu.

LE MAÎTRE. - Tu ne m'en as jamais dit un mot.

JACQUES. - Je le crois bien.

LE MAÎTRE. - Et pourquoi cela ?

JACQUES. - C'est que cela ne pouvait être dit ni plus tôt ni plus tard.

LE MAÎTRE. - Et le moment d'apprendre ces amours est-il venu ?

JACQUES. - Qui le sait ?

LE MAÎTRE. - À tout hasard, commence toujours... »

Jacques commença l'histoire de ses amours. C'était l'après-dînée : il faisait un temps lourd ; son maître

s'endormit. La nuit les surprit au milieu des champs ; les voilà fourvoyés. Voilà le maître dans une colère terrible et

tombant à grands coups de fouet sur son valet, et le pauvre diable disant à chaque coup : «Celui-là était

apparemment encore écrit là-haut... »

Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an,

deux ans, trois ans, le récit des amours de Jacques, en le séparant de son maître et en leur faisant courir à chacun

tous les hasards qu'il me plairait. Qu'est-ce qui m'empêcherait de marier le maître et de le faire cocu ? d'embarquer

Jacques pour les îles ? d'y conduire son maître ? de les ramener tous les deux en France sur le même vaisseau ? Qu'il

est facile de faire des contes ! Mais ils en seront quittes l'un et l'autre pour une mauvaise nuit, et vous pour ce délai.

L’aube du jour parut. Les voilà remontés sur leurs bêtes et poursuivant leur chemin. - Et où allaient-ils ? -

Voilà la seconde fois que vous me faites cette question, et la seconde fois que je vous réponds : Qu'est-ce que cela

vous fait ? Si j'entame le sujet de leur voyage, adieu les amours de Jacques... Ils allèrent quelque temps en silence.

Lorsque chacun fut un peu remis de son chagrin, le maître dit à son valet : « Eh bien, Jacques, où en étions-nous de

tes amours ?

 

 

Analyse du titre :

 

Etude proposée par un membre du forum prépabac dans le cadre d’un cours particuliers

Les personnages sont éponymes.

Le titre évoque 2 personnages principaux. Le valet est présenté avec une double détermination : son prénom + une notation sur son caractère.

- le fataliste : adjectif substantivé qui suggère pour le personnage l’homme est déterminé dans ses actions/ DETERMINISME : l’homme n’a pas la liberté d’influer sur le cours de sa vie).

- Etude onomastique : le prénom Jacques est aussi un nom commun qui désigne un paysan, un homme misérable et marginal, un niais, un sot.

Le 2nd personnage est désigné par son statut social : ici paradoxe : le maître est nommé en seconde position ce qui tend à signifier qu’il sera un faire-valoir de Jacques.

Le titre suggère un duo. Il rappelle la dialectique du maître et du valet : mais qui va mener l’autre ?

 


L’incipit de jacques le fataliste surprend lui aussi le lecteur pour des raisons diverses. La disposition d’une partie du

texte fait penser à une pièce de théâtre : les noms des personnages précèdent leurs paroles qui ne sont donc pas intégrées

dans le récit comme il est d’usage dans un roman. Quant à ces personnages, nous n’en saurons que bien peu : l’un s’appelle

Jacques, l’autre est son maître mais le narrateur refuse de nous en dire davantage. C’est une autre particularité de cet incipit.

Le narrateur-auteur ne cesse d’intervenir non seulement pour commenter l’action mais surtout pour commenter l’écriture

d’un roman en train de s’écrire et pour décourager les attentes du lecteur auquel il s’adresse directement. Si on reprend ce

que tout lecteur est en droit d’attendre d’un début de roman, on ne peut que constater qu’il restera sur sa faim. Le nom des

personnages ? « Que vous importe ? » Pourquoi sont-ils ensemble ? « Par hasard ». Où vont-ils ? « Est-ce que l'on sait où

l'on va ? », « Qu'est-ce que cela vous fait ? ». Le contenu du passage est pour le moins déconcertant, l’accent étant mis par

le narrateur sur les paroles des protagonistes alors qu’ils évoquent d’une manière très générale le destin, paroles qui

renvoient au titre du roman

Jacques le fataliste, paroles qui semblent annoncer le récit des amours de Jacques mais on n’en

saura rien : ce récit est simplement évoqué : « Jacques commença l'histoire de ses amours. C'était l'après-dînée : il faisait un

temps lourd ; son maître s'endormit. » Puis le narrateur reprenant la parole imagine plusieurs hypothèses à la suite de son

récit, finalement abandonnées. Cet incipit qui ne nous apprend donc rien des personnages, du cadre spatio-temporel et de

l’intrigue est donc le plus déroutant des quatre


En tant qu’Ecrivain et philosophe, Diderot interroge les codes du roman de l’intérieur, de la fiction (les questions qu’il pose au début sont celles relatives au code du roman). Il explore les relations entre l’auteur et ses personnages dans son livre , Jacques le fataliste, il semble hésiter entre le récit et le dialogue de théâtre. Il s’agit de l’incipit de livre et nous pouvons montrer en quoi et comment ce début de récit oriente le lecteur. C’est pourquoi dans un premier temps nous verrons à quel genre de couple de personnages nous avons affaire, dans un deuxième temps nous étudierons le brouillage des genres, dans un dernier temps nous analyserons les pouvoirs du narrateur.



I- Un couple de personnages :


Les deux personnages en question sont désignés par  le maitre  et jacques . C’est intéressent car cette désignation indique une idée de hiérarchie, d’autorité et l’on note une certaine déférence (politesse) envers le premier car nous avons seulement le prénom pour le deuxième. On ne sait rien d’autre sur ces personnages, la preuve est que nous avons de nombreuses questions introductives adressées par le lecteur au narrateur ; ex L1 : comment s’étaient-ils rencontrés ? le narrateur répond avec une grande désinvolture à ces questions et ne le prend pas au sérieux ( impression)  que vous importe  répond t’-il.? Nous avons juste une indication hiérarchique entre Jacques et le maitre, Jacques serait le valet du maitre. Ce rapport est souligné par le tutoiement du maitre envers Jacques alors que ce dernier utilise le vouvoiement : Réf ; une autorité et une opposition hiérarchique. Discussion à laquelle assiste le lecteur, ce lui permet de reconstituer l’histoire de Jacques. Il apprend que celui-ci s’est enrôlé dans un régiment après une violente dispute avec son père, il a ensuite participé à la bataille de Fontenoy, il reçoit un coup de feu dans le genoux. Donc ce sont tous ces évènements qui vont conduire aux amours de Jacques dont on attend qu’il raconte l’histoire, ces évènements sont racontés de façon chronologique avec la concision jusqu’à la litote L¡15 : il prend un bâton et me frotte durement les Épaule . Pendant la discussion, le maitre va avoir 2 attitudes très opposées. D’abord une attitude bienveillante, agréable qui est animée par l’envie de savoir, de découvrir l’histoire des amours de Jacques son valet, puis une attitude violente telle qu’elle pouvait exister à l’époque entre maitre et valet : relation réaliste, vraie. L¡36   une colère terrible et tombant à grands coups de fouet sur son valet . Cette ambiance est tout ˆ fait conforme à ce que nous montre la comédie.

II- Le brouillage des genres :

Nous sommes dans un incipit original car la présentation qu’il fait des personnages et de l’intrigue peut laisser le lecteur perplexe. Donc le lecteur hésite entre deux registres, la comédie, mais en même temps la philosophie (simplement avec les interventions du narrateur, Où allaient-ils ? Sait-on où l’on va ?  = réponse philosophique ) L’histoire de Jacques et de son maitre tient de la comédie : La mise en page, la désignation des personnages, les dialogues. L¡6 ˆ L¡33 ; nous sommes donc bien dans la comédie. Scène relativement courte va au passé L¡46 :  l’aube du jour parut È. Ce récit est fréquemment interrompu par les adresses directes du narrateur au lecteur. Adresses faites avec un présent d’Enonciation L¡39 : vous voyez, lecteur. Registre de la philo, Jacques comme l’indique de titre du roman semble adepte de la philosophie fataliste :   Jacques le Fataliste, selon Jacques, tout ce qui arrive devait arriver. Son idée est qu’il faut laisser faire son destin. Cette philo plus tard sera appelée le déterminisme (Ce déterminisme est un principe universel de causalité). Ainsi, c’est parce qu’il a reçu une balle dans le genoux qu’il a rencontré l’amour. Autre exemple du point de vue philosophique de Jacques dans cet extrait ; s’il reçoit des coups de son maitre c’est qu’il devait les recevoir , celui-ci était encore écrit là-haut  L¡37/38. Le goût pour la litote de Jacques, la stichomythie (enchainement de répliques très courtes de façon très rapide) du dialogue et d’enchainements rapides, mécanique des actions qui construisent son destin, tout concourt à rendre le texte drôle jusqu’à l’ironie. Cela fait Echo à Candide de Voltaire.

III- Les pouvoirs du narrateur :

Le narrateur est audacieux dans ce texte car dans les premières lignes , il répond aux questions légitimes du lecteur qui s’engage dans une histoire par une sorte d’indifférence voire de mépris.   Qui sont-ils ? Oùvont-ils ? Que vous importe ?  le narrateur prend le risque de voir le lecteur le quitter, mais c’est un risque calculé parce que justement cette distance ironique feinte, pique la curiosité du lecteur. Le narrateur joue avec le lecteur de son pouvoir sur les personnages et leur histoire. Il veut faire le récit des amours de Jacques en évoquant pour le lecteur un certain nombre de scenarios possibles et évoque des clichés romanesques attendus qu’il réfère au genre du conte dans lequel  tout est permis, L¡44    qu’il est facile de faire des contes . Autre registre possible : registre/catégorie du conte que Diderot inscrit dans le début de son récit. Nous sommes dans un conte philosophique qui pourrait interroger le Fatalisme ce qui explique cet incipit inattendu où se sont les possibles du récit qui sont interrogés.  Jacques où en étions nous de tes amours ?   Tout semble commencer quand le narrateur redonne la parole à Jacques.

Conclusion

Nous avons bien affaire à un incipit original puisqu’il se démarque des entrées en scènes traditionnelles des héros romanesques. Le mélange des genre entre théâtre et récit, les nombreuses interpellations facétieuses du narrateur au lecteur semblent construire et proposer un genre inattendu très inhabituel et cet incipit livre les personnages et le lecteur ˆ eux-mêmes.

Très surprenant, cet incipit remet en question les conventions pour provoquer le lecteur. Il s’agit moins d’un roman que d’une forme d’anti- roman philosophique , invention d’un genre nouveau; Diderot refuse d’être un romancier omniscient. Nous n’avons plus de références aux conventions romanesques. On peut en ce sens parler d’un antiroman . Le lecteur devient un personnage invisible, il accompagne les personnages
Prépabac
# 02/06/2013 à 17:55 prepabac
Ce commentaire répond aux 2 problématiques suivantes :

1 - Cet incipit est-il surprenant?
2 - En quoi cet incipit invente t'-il un nouveau pacte de lecture?

Le plan est adapté aux deux questions éventuelles de l'examinateur

*** Si vous avez d'autres problématiques sur ce commentaire, proposez les et travaillez vos plans avec les professeurs de prépabac

Bonnes révisions à tous
Prépabac
# 02/06/2013 à 17:56 prepabac
Entretien en commande sur prépabac : Jacques le fataliste, l'incipit, Diderot

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